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8 février 2012
   
 

Marque de fabrique



Introduction (plan) > Marque de fabrique > Marque renommée
> Principe de spécialité
> Distinctivité des marques
> Marque sonore, marque olfactive, protection d'une couleur
> Marque complexe
> Marque tridimensionnelle
> Marque internationale
> Marque communautaire

Tout comme le nom commercial, l'enseigne et la dénomination sociale, la marque est un signe distinctif. Contrairement à ces derniers, sa finalité n'est pas de permettre d'indentifier de l'entreprise. La marque sert à distinguer les produits ou services de son titulaire et doit permettre de déconnecter le prix de vente d'un produit de ses coûts de fabrication.
Le droit des marques désigne l'ensemble des règles de droits applicables aux marques. Son objet est de conférer à son propriétaire un droit exclusif sur l'exploitation de celle-ci et par conséquent de s'opposer à son utilisation par un tiers.


 
Historiquement, l'usage des marques remonte à l'Antiquité mais aucune protection effective n'y était associée. Sous l'Ancien Régime l'utilisation d'une marque s'inscrivait dans une logique corporatiste. Ou bien le commerçant souhaitait être associé à la corporation et il utilisait la marque corporative, ou bien il souhaitait s'en détacher et utilisait une marque individuelle. En supprimant les corporations et en posant le principe de la liberté du commerce et de l'industrie, le droit issu de la révolution a mis fin à ce système.
La loi du 23 juin 1857 constitue la première législation française sur les marques. Cette loi admettait la protection de marques individuelles (qui n'étaient donc plus collectives) telles que les marques nominales ou figuratives. A cette époque le droit sur la marque s'acquérait par le premier usage et non par le dépôt.
En raison du développement du poids économique des marques mais aussi des avantages qu'elles présentent pour les consommateurs (origine et qualité du produit), le droit des marques a pris un nouvel essor au XXème siècle.
Une loi du 31 décembre 1964 a posé les fondements de notre système actuel. Le dépôt de la marque y devient indispensable puisqu'il est attributif de droits. Le propriétaire d'une marque a l'obligation d'exploiter sa marque ; à défaut, il encourt la déchéance de ses droits.
Enfin, la loi du 4 janvier 1991 a permis la transposition de la directive communautaire du 21 décembre 1988 qui poursuivait un double objectif : harmoniser le droit des marques en Europe et préparer l'entrée en vigueur de la marque communautaire.

Contrairement à la protection reconnue par le droit d'auteur, la protection d'une marque suppose que celle-ci remplisse différentes conditions de fond mais aussi de forme. Puisque la marque doit permettre de distinguer les produits ou services de son titulaire, elle doit être distinctive. Les droits sur la marque s'acquièrent par enregistrement, elle doit donc être susceptible d'une représentation graphique. Parce qu'elle a vocation à être diffusée auprès du public, une marque doit être licite et ne pas être contraire à l'ordre public ou aux bonnes mœurs. Enfin, pour éviter la coexistence de signes identiques, la marque ne doit pas déjà faire l'objet d'une appropriation antérieure. Elle doit donc être disponible.

Pour être propriétaire d'une marque, il faut procéder à son enregistrement. L'accomplissement de cette formalité est le seul moyen d'acquérir des droits sur une marque. Il n'assure cependant pas la validité d'une marque qui peut ensuite être annulée s'il s'avère qu'elle ne répond pas aux différentes conditions de fond.

Le propriétaire d'une marque bénéficie d'un droit exclusif d'exploitation sur celle-ci. Ce monopole d'exploitation est néanmoins limité aux produits et services visés lors de l'enregistrement de la marque. Il s'agit de délimiter l'utilisation faite de la marque. Un concurrent peut tout à fait déposer et utiliser une marque identique pour des produits ou services différents. Il s'agit du principe de spécialité qui est substantiel au droit des marques à l'exception des marques renommées.
Contrairement au titulaire de droits d'auteur, si le propriétaire d'une marque dispose de droits, il a aussi différentes obligations. Le propriétaire d'une marque a l'obligation d'exploiter celle-ci. Dans le cas contraire, il est déchu de ses droits. Pour conserver ses droits, il doit aussi procéder au renouvellement de son dépôt et défendre activement sa marque contre son utilisation par les tiers. Son inertie est en effet assimilée à une tolérance qui le prive du droit d'agir contre ces utilisations illégitimes.

Comme l'illustrent de nombreuses décisions commentées sur Hipe, le droit des marques présente l'avantage de pouvoir protéger des produits non susceptibles de bénéficier de la protection des autres branches de la propriété intellectuelle. Dès lors que la marque est indissociable du produit (par exemple un logiciel dont la mise en route implique nécessairement la reproduction de la marque), le fait pour un tiers d'utiliser ce produit hors d'un contrat de licence implique nécessairement une atteinte aux droits du titulaire de la marque.
 
 
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