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8 février 2012
   
 

Marque complexe



Introduction (plan) > Marque de fabrique > Marque renommée
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Pour pouvoir être protégé à titre de marque, un signe doit répondre à quatre conditions : être susceptible d'une représentation graphique, être distinctif, être licite et disponible.
Les exigences de distinctivité et de disponibilité ont notamment soulevé des difficultés quant à la validité des marques complexes et tridimensionnelles.


 
Un signe complexe associe plusieurs éléments différents, tels qu'une dénomination avec un chiffre et une couleur, un terme étranger avec un signe figuratif. Le but de cette association de différents termes au sein d'une même marque est de conférer à l'ensemble un caractère distinctif fort.

Le caractère complexe de la marque entraîne différentes conséquences quant au régime de protection de celle-ci.

Le premier inconvénient de la marque complexe concerne sa disponibilité (qui, rappelons le est une condition de validité de la marque). En effet, plus une marque associe d'éléments différents, plus elle risque de se heurter à des droits antérieurs constitués autour de l'un au moins de ces éléments. Comme l'illustre la jurisprudence commentée sur Hipe, la marque complexe associe le plus souvent une dénomination au graphisme particulier, un dessin ainsi que différents éléments graphiques (cadre, etc.).

La marque complexe s'expose donc à des risques de conflit s'agissant de chacune de ses composantes.

Le terme utilisé peut entrer en conflit avec une marque verbale antérieure, qu'il s'agisse du terme en lui même ou du graphisme des caractères utilisés. La marque complexe s'expose aussi à un risque de conflit s'agissant du dessin qu'elle intègre lorsqu'un dessin de même genre est utilisé par une marque antérieure. De même elle s'expose aussi à un litige avec une marque antérieure qui présenterait une dénomination inscrite dans un cadre et dont le fond reprendrait les mêmes caractéristiques.


Enfin, la marque complexe risque de s'opposer à une marque complexe qui présenterait un aspect général similaire (ex: terme et dessin inscrit dans un cadre) quand bien même chacun des éléments ne serait pas parfaitement identique. Par conséquent, s'agissant du dépôt d'une marque complexe, il est conseillé d'effectuer autant de recherches d'antériorités qu'il y a d'éléments distinctifs composant cette marque.

Jusqu'à très récemment, l'utilisation d'une marque complexe pouvait s'avérer particulièrement intéressante en application de la théorie de la contrefaçon partielle. Cette théorie de la contrefaçon partielle, issue de la transposition de l'article 5§1 de la Directive 89/104 du 21 décembre 1988, visait l'hypothèse où un second signe reprenait un élément (distinctif) du signe protégé en tout ou partie. Il s'agit d'une forme de contrefaçon par adjonction ou modification. Dernièrement, la Cour de Cassation a abandonné la théorie de la contrefaçon partielle, privant ainsi la marque complexe d'une partie de son intérêt. Dorénavant, les juridictions recherchent ce qui est effectivement protégé par la marque en identifiant ce qui compose la distinctivité du signe. Si un terme ne devient distinctif qu'en raison de son apposition à côté d'un autre, il n'y pas contrefaçon à le reprendre isolément. De plus, si le signe complexe n'est pas repris à l'identique, pour que la contrefaçon soit reconnue, il faut rapporter la preuve d'un risque de confusion.

En raison de l'abandon de la théorie de la contrefaçon partielle, la marque complexe perd de son intérêt puisque l'atteinte portée à une seule de ses composantes n'est plus forcément constitutive de contrefaçon.


 
 
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