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8 février 2012
   
 

Droits d'auteur



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Le droit d'auteur désigne l'ensemble des droits dont jouissent les créateurs sur leurs œuvres. De nombreux secteurs d'activité sont concernés : le cinéma, la télévision, les logiciels, les bases de données, la photographie...
Son objet est d'assurer à l'auteur une rémunération équitable (on parle de droits patrimoniaux) et d'assurer l'intégrité de son œuvre et le respect de sa qualité d'auteur (droit moral). Cette protection permet aux créateurs de contrôler la diffusion de leurs œuvres mais aussi de s'opposer à la diffusion de copies non autorisées et aux actes de piratage.


 
1. Historiquement, le protection des auteurs remonte au mécénat. Cependant, cette pratique plaçait l'auteur dans une situation de totale dépendance à l'égard des puissants. Au XVIIIème siècle, en instaurant les privilèges, le pouvoir royal souhaitait conférer à l'auteur un contrôle absolu de son œuvre. Du reste, les imprimeurs de l'époque parvenaient tout de même à s'approprier les titres matérialisant le droit des auteurs qui se trouvaient une nouvelle fois en situation de dépendance.
L'insurrection de grands auteurs (Beaumarchais, Rousseau, etc.) aboutit à deux lois révolutionnaires du 19 janvier 1791 et du 19 juillet 1793 consacrant le monopole de l'auteur sur la représentation d'œuvres pour la plupart théâtrales.


2. Jusqu'à l'apparition de procédés permettant la reproduction de l'œuvre (disque, film, etc.) une telle protection était satisfaisante.
Les lois du 11 mars 1957 et du 3 juillet 1985 constituent le deux grands textes internes relatifs au droit d'auteur. Elles ont été intégrées au code de la propriété intellectuelle de 1992, qui s'est adapté depuis aux impératifs imposés par l'Union européenne.
Comme l'illustre la directive 2004/48 du 29 avril 2004 (relative à l'harmonisation des mesures de procédure et de réparation des atteintes aux droits de propriété intellectuelle), le respect des ces droits constitue l'une des grandes préoccupations communautaires.

I. Critère de protection

1. L'originalité de l'œuvre constitue le critère d'application des droit d'auteur. Traditionnellement, une œuvre est considérée comme originale lorsqu'elle porte l'empreinte de la personnalité de l'auteur.
Cependant, l'extension du champs d'application du droit d'auteur aux logiciels et aux bases de données a nécessité une adaptation de ce critère. Pour ces œuvres qui présentent un caractère utilitaire, le critère d'originalité est objectif et réside dans un apport intellectuel propre, acceptation voisine de la nouveauté. Comme l'illustre la jurisprudence analysée par Hipe, la notion d'originalité est appréciée de façon sectorielle par les juges.


2. Contrairement à d'autres branches de la propriété intellectuelle (droit des brevets, droit des marques), l'octroi de la protection par le droit d'auteur n'est pas subordonné à l'accomplissement de formalités particulières. L'exigence selon laquelle l'œuvre doit être matérialisée par une forme tangible a pour conséquence d'exclure les idées de cette protection. Les idées doivent rester de libre parcours. Néanmoins, la question de savoir à partir de quel moment une œuvre est suffisamment matérialisée pour être protégée persiste et fait fréquemment l'objet de discussions devant les juges.

II. Droits moraux et droits patrimoniaux

1. Les prérogatives accordées à l'auteur poursuivent un double objectif. Il s'agit à la fois de lui permettre de tirer profit de l'exploitation de son œuvre mais aussi de veiller au respect de l'activité créatrice.
Inspirées du droit de propriété, les prérogatives patrimoniales confèrent à l'auteur le droit exclusif de reproduire ou de représenter son œuvre. Comme la diffusion d'une œuvre suppose des investissements, le créateur va céder ses droits patrimoniaux à une structure qui procédera à l'exploitation commerciale de l'œuvre. L'auteur reste néanmoins associé au succès de l'œuvre puisqu'il percevra le plus souvent une redevance dont le montant est proportionnel au succès rencontré. Cependant dans un souci d'intérêt général et de libre accès à la culture, la durée de validité des droits patrimoniaux est limitée à 70 ans après le décès de l'auteur.


2. Les droits d'auteur confèrent aussi à l'auteur des prérogatives dites morales, ce qui le distingue du système anglo-saxon du "copyright", dans lequel l'exploitation de l'œuvre passe avant le respect de la personne de l'auteur. Il s'agit de préserver la noblesse de l'activité créatrice. L'auteur peut notamment revendiquer la paternité d'une œuvre et s'opposer à des modifications qui risquent d'en altérer la substance.

Ainsi décrites, les caractéristiques essentielles du droit d'auteur ont dû être adaptées aux différents secteurs concernés. Les pages suivantes vous en présenteront certaines illustrations.
Cependant dans un souci d'exhaustivité et en raison de l'importance de la jurisprudence en la matière, nous vous invitons à compléter cette première approche par une lecture des commentaires des dernières décisions rendues en la matière.

 
 
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