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8 février 2012
   
 

Contrefaçon



Introduction (plan) > Contrefaçon

L'action en contrefaçon est l'action spécifique qui permet la protection d'un droit de propriété intellectuelle.
Chaque droit intellectuel visé par le Code de la Propriété Intellectuelle prévoit l'action en contrefaçon comme moyen de défense des prérogatives reconnues.


 
1. En raison de la diversité des secteurs concernés par la propriété intellectuelle, l'action en contrefaçon a vocation à régir de nombreux litiges. Le titulaire des droits sur une marque, sur un brevet d'invention, sur un dessin ou modèle ou encore de droits d'auteur est donc recevable à agir sur le terrain de la contrefaçon.


2. La titularité de droits privatifs est la pierre angulaire de l'action en contrefaçon car elle en explique sa double finalité. Cette action poursuit deux objectifs : préserver le droit privatif de propriété intellectuelle (sur un brevet par exemple), réparer le préjudice causé par l'atteinte à un tel droit.

I. Necéssité d'un titre ou d'un droit

1. Pour agir en contrefaçon, il faut être titulaire d'un droit privatif. La recevabilité de l'action est donc subordonnée à la titularité d'un tel droit, ce qui permet de la distinguer de l'action en concurrence déloyale.
Celui qui invoque la contrefaçon d'une marque ou d'une invention brevetée doit prouver qu'il est titulaire d'un droit de propriété industrielle sur l'objet en cause.
En la matière, l'accomplissement des formalités nécessaires à l'octroi du titre facilite le rapport d'une telle preuve.


2. En revanche, en droits d'auteur, la reconnaissance d'un droit à agir en contrefaçon n'est pas subordonné à l'accomplissement de formalités.
En outre, les droits ne sont pas matérialisés par un titre. Le succès de l'action en contrefaçon d'une œuvre protégée par les droits d'auteur suppose seulement que le demandeur établisse devant le juge l'originalité de sa création afin de pouvoir ensuite invoquer les atteintes à ses différentes prérogatives.

II. Comportements sanctionnés

1. Le Code de la Propriété intellectuelle définit la contrefaçon comme l'atteinte portée au monopole conféré par les différents droits privatifs. On conçoit traditionnellement deux types de contrefaçon : la contrefaçon par reproduction et la contrefaçon par imitation.
Ainsi, la contrefaçon d'une marque peut résulter de sa reproduction à l'identique mais aussi de son imitation. En pratique, les actes constitutifs de contrefaçon sont divers et variés. Il peut s'agir de la fabrication, de la vente, de la détention en vue de la vente, de l'importation et de l'utilisation de produits contrefaits. Il s'agit de la contrefaçon directe.


2. La contrefaçon indirecte vise à sanctionner la complicité de contrefaçon. Concrètement, il s'agit des hypothèses où l'utilisation, la détention ou la vente est effectuée par une personne autre que le fabricant du produit.
Il s'agit également de sanctionner la fourniture de moyens en vue de la réalisation d'actes de contrefaçon. Une telle condamnation suppose que l'auteur ait agi en connaissance de cause.

III. Preuve de la contrefaçon

1. Le demandeur de l'action en contrefaçon est libre de rapporter n'importe quel type de preuve pour établir la contrefaçon. Cependant, la saisie en contrefaçon reste le mode de preuve le plus efficace. Lorsqu'il utilise cette procédure, le titulaire du droit privatif s'adresse au Président du Tribunal de Grande Instance du lieu où ont été commis les faits.


2. Il lui demandera l'autorisation de de faire constater par huissier de justice la présence de produits contrefaits dans les locaux du présumé contrefacteur.
L'huissier peut saisir tout objet, produit, pièce, élément de machine ou d'outillage en rapport avec la contrefaçon qui serviront par la suite à déterminer l'étendue du préjudice subi.

IV. Reconnaissance de la contrefaçon par le juge

1. Pour caractériser la contrefaçon à la vue de ces différents éléments, le juge apprécie les ressemblances entre l'objet qui donne lieu au droit privatif et celui taxé de contrefaçon. Afin d'éviter que des modifications minimes permettent au contrefacteur de se soustraire à toute condamnation, le juge apprécie l'impression d'ensemble dégagée par les différents objets.
L'examen mené par Hipe de la jurisprudence relative à l'action en contrefaçon démontre une sectorisation de cette dernière.


2. Les spécificités de chacune des branches de la propriété intellectuelle justifient que les juges apprécient la contrefaçon de manière différente selon le secteur dans lequel elle intervient.
Si la contrefaçon d'une marque suppose que le juge apprécie les similitudes d'un point de vue visuel, phonétique et intellectuel, la contrefaçon d'un procédé breveté s'appréciera avec d'avantage de technicité.

V. Protéger un droit, sanctionner une concurrence déloyale

1. Le succès de l'action en contrefaçon permet au titulaire de droits intellectuels de recouvrir le monopole auquel il a été porté atteinte. Le contrefacteur aura l'obligation de mettre un terme à ses agissements mais il devra aussi réparer le préjudice, même éventuel, causé par de telles pratiques.


2. Enfin, rappelons qu'en pratique, l'action en concurrence déloyale est souvent invoquée comme auxiliaire de la protection de l'action en contrefaçon. Les faits constitutifs de contrefaçon sont souvent accompagnés d'agissements qui causent un préjudice commercial distinct.
S'il peut faire état de faits distincts de ceux constitutifs de contrefaçon, le demandeur est en droit d'invoquer cumulativement les deux protections.

 
 
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