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8 février 2012
   
 

Arts appliqués : habillement, dessins et modèles non enregistrés



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Les droits d'auteur protègent les œuvres quelle que soit leur nature : ils ne fontt pas de hiérarchie entre les créations, pour peu qu'elles soient originales.
L'originalité est la notion centrale des droits d'auteur : on verra qu'elle est appréciée différemment selon les secteurs économiques, de façon à tenir compte des spécificités propres à chaque type de création.


 
1. Les droits d'auteur ont d'abord protégé les œuvres littéraires, sonores (composition musicales) ou visuelles (peinture). S'agissant de ces créations dénuées de toute fonctionnalité, l'exigence d'originalité est remplie dès lors que la création porte l'empreinte de la personnalité de l'auteur (acceptation subjective).


2. L'examen de la jurisprudence révèle cependant la nécessité d'apprécier la création au regard d'œuvres antérieures comparables. Pour les juges, la simple déclinaison ou transposition exclut l'activité créatrice et donc toute protection.
Il serait cependant inexact d'en déduire que les juges prennent en compte le degré d'originalité de l'œuvre ou que le droit d'auteur permet de s'approprier un thème, ou un genre.

I. Monsieur Jourdain et les droits d'auteur1

1. Ainsi, un jeu (qu'il s'agisse d'un jeu télévisé, d'un jeu de société) peut valablement être protégé à partir du moment où son originalité lui permet de se distinguer des jeux préexistants. Encore faut-il qu'il réponde à certaines conditions, notamment qu'il ne soit seulement une idée, un concept. De même, les scénaristes n'osent pas toujours invoquer des droits sur le synopsis d'un film. Il est certes possible de considérer que le schéma classique d'un western est communément partagé. Cependant, la jurisprudence admet régulièrement, sous certaines conditions, qu'une œuvre qui s'inscrit dans le cadre d'un thème classique puisse être protégé.

L'apparition de nouvelles activités artistiques liées à la maîtrise d'une technique a soulevé des interrogations quant à l'appréciation de leur originalité. Le contentieux relatif à la photographie illustre cette problématique.
Peut-on considérer que la mise en œuvre de techniques (mise au point, angle de vue,...) traduise la personnalité de l'auteur ?


2. Le droit d'auteur ne vise pas à protéger le technicien mais le créateur. Pour la jurisprudence, certains choix opérés lors de la réalisations d'actes techniques permettent de caractériser l'empreinte de la personnalité de l'auteur.

L'émergence des créations qui ont à la fois une dimension esthétique et utilitaire (les arts appliqués) a elle aussi révélé la nécessaire évolution du droit d'auteur.
La notion d'art appliqué englobe les créations les plus diverses telles qu'un modèle de blouson, de bureau, de cheminée, d'armoire.

Le fait que ces créations aient une finalité utilitaire révèle les limites de la définition classique de l'originalité : peut-on considérer qu'un modèle de lampe porte systématiquement l'empreinte de la personnalité de son auteur ?
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1- Pour paraphraser Molière (Le Bourgeois gentilhomme) :
"- Et comme l'on parle qu'est-ce que c'est donc que cela ?
- Une œuvre faisant l'objet de droits d'auteur".

II. Objectivation des droits d'auteur dans le domaine des arts appliqués

1. L'analyse de la jurisprudence la plus récente démontre une objectivation de la notion d'originalité en la matière. Pour conférer la protection du droit d'auteur à ces créations utilitaires, les juges apprécient la nouveauté sans lien étroit avec la personnalité de l'auteur.

L'existence d'une protection autonome en matière de dessins et modèles soulève le problème de l'articulation entre ces différentes protections. La théorie de l'unité de l'art, permet à certaines œuvres de bénéficier d'une double protection : le véritable enjeu porte alors sur la durée de protection, le droit d'auteur étant plus favorable.

Une telle problématique est fréquemment soulevée à l'occasion de litiges relatifs à des créations intervenant dans le secteur du textile et plus spécifiquement s'agissant de confection vestimentaire.


2. La protection des dessins et modèles est fondée sur la nouveauté, alors que celle qui repose sur le droit d'auteur est basée sur l'originalité. Hipe aborde régulièrement des décisions juridiques impliquant un créateur qui n'a pas déposé ses modèles et souhaite bénéficier de la protection du droit d'auteur. Dans ce domaine, les juges accordent davantage d'importance à la nouveauté qu'à l'originalité dans sa définition classique.

En permettant la protection d'un pluralité d'œuvres, les droits d'auteur ont dû s'adapter aux spécificités de chacune d'elles. Cependant, comme l'illustrent les décisions commentées sur Hipe, la sectorisation des droits d'auteur n'est pas uniquement limitée à ses conditions d'applications. Selon le domaine d'activité concerné, les atteintes portées à des droits de même nature vont être appréciées différemment : l'originalité -et partant la contrefaçon- ne sont pas interprétées de façon uniforme.

 
 
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